HISTOIRE

 

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                          Depuis les temps immémoriaux, l'être humain a cherché ses origines. Nous aussi les Hararta aussi, cherchons d'abord les nôtres disséminés à travaer la planète pour leur enseigner cette tradition appelé en arabe enassab et qui n'est aute que la généalogie.                 
             Sidi Harrat. Au milieu du XVe siècle, ce religieux de lignée princière, descendant des Idrissides, quitta Fès, sa ville natale, alors capitale du Maroc, pour s'installer dans les environs de Zemmora près de Relizane dans l'ouest de l'Algérie. Quarante de ses disciples quittèrent leur Maroc natal et l'accompagnèrent.Sidi Harrat Benaïssa El Idrissi El Hassani, de son vrai nom Mohamed Ibn Aïssa, enseigna le Coran à près de cinq cents étudiants coraniques.Il épousa une autochtone nommée Djezia de la tribu des Mehal, une tribu qui occupe jusqu'à aujourd'hui la plaine de Relizane dans l'ouest algérien[réf. nécessaire].Ses descendants, les Hararta, fondateurs de Zemmora, capitale des Flita, au sud-est de Relizane, se sont répandus au gré des guerres et conflits mais aussi au gré des famines ou en quête de savoir à travers toute l'Algérie dont certains vivent encore à Ghazaouet près de Tlemcen, Dellys en Kabylie et dans les environs de Chlef, Aïn Defla et Mostaganem.Sidi Harrat mourut à un âge très avancé, à quatre-vingts ans passés, dit-on. Son mausolée se trouve au même endroit, à El Ksiba, située à 4 km environs à l'ouest de Zemmora, là où il a échoué en quête de quiétude.


                                Nous, les Hararta,  sommes  nés, majoritairement  à Zemmora. Une ville fondéepar les Hararta eux-mêmes et située sur leur territoire.   Nous sommes plus que des concitoyens ou des voisins. Disons que nous sommes des frères. Zemmora, nous  sonne aux oreilles comme Zemzem.  Zemmora est dérivé du  mot  "azemmour", qui signifie en berbère, olivier. C'est aussi le nom l'oued qui traversait la ville.    Que vous soyez à Paris, Montréal, Pékin ou au pôle nord, elle vous habite. Elle vous hante. Vous rêvez d'elle. Vous parlez d'elle. Dès que vous sautez du lit, le matin, vous vous demandez comment va votre Zemmora. Elle va toujours bien. Nous avons  besoin d'elle. Elle n'a pas besoin de nous. Elle a compris. Elle est fâchée de vous, mais elle vous pardonne. Elle a grand cœur. Enfin !  

                                 Les cartes  géographiques la situent à 35° 43' 21'' nord en latitude et à 0° 45' 36'' est en longitude, altitude 272 mètres.

                                 Située dans le Dahra à la  limite entre la plaine du Chélif à l'ouest et au nord, la chaîne de l'Ouarsenis à l'est et  les monts de Mascara au  sud. Elle était couverte de denses forêts d'oliviers sauvages, de pins, de lentisques et  de chênes. Cette immense forêt a rétréci avec l'arrivée des colons français qui défrichèrent toute la région  pour pratiquer une agriculture extensive.   

                                   Quand nous parlons de   Zemmora nous évoquons par extension toute sa région. Et pourquoi cela? Tous ses environs n'étaient que lieux-dits habités par une population  vivant en tribus éparses, elles-mêmes réparties en archs.

Des documents turcs attestent que leurs troupes se déplaçaient de Relizane vers Zemmora pour y ramener de l'eau et  aussi les Romains qui occupaient les environs de la Mina. Des ruines et traces d'adduction d'eau potable tracent l'itinéraire de Ras  El Ançor vers Relizane. De gros tubes de terre cuite sont encore visibles  aux Touarès  des Hararta. Ces tubes d'un diamètre d'environ quinze centimètres étaient utilisés pour la confection de gallals par certains autochtones  qui ignoraient l'importance de la chose. D'autres documents font état que les Hararta  étaient passés maîtres dans l'art de rafraîchir l'eau.  D'ailleurs, une source, riche d'histoire qu'on appelle  Aïn Sidi Harrat,  la leur fournit limpide, fraîche  et en abondance.

A Zemmora  et tout autour habitaient les Hararta qui s'étaient plus ou moins sédentarisés autour de  Sidi Harrat. Et y habitent encore. Au delà, elle est ceinturée par les Ouled Rafaâ à l'est, les Amamra  au nord-est, les Beni Dergoun et Ouled Madani au nord, les M'hal au nord-ouest, les Ouled Sidi Yahia au sud et sud-est.  Les dernières rares kheïmas  ont disparu de Zemmora vers la fin des années 1930. Et jusqu'à nos jours, dans nos douars, on dit   kheïma pour désigner la maison. Les Hararta se déplaçaient au gré des razzias avec l' Emir Abdelkader que nos parents et grands-parents appellent jusqu'à nos jours El Hadj Abdelkader (1807-1883), ou simplement El Hadj Abdekka, le  chevalier de la foi et celles de Bouamama (1840-1908). Le djihad n'a jamais été interrompu et en atteste la commune de Dar Benabdellah qu'habitent les valeureux Ouled Sidi Yahia. Benabdellah n'est autre que Mohamed Ibn Abdellah, dit Boumaza. En mars 1845, celui-ci avait prôné la guerre sainte non seulement contre les colonisateurs mécréants, mais également contre les musulmans renégats. Citons Charles Henry Churchill, biographe et admirateur de  l'Emir Abdelkader:  chaque fois que les Français avançaient, ils se trouvaient devant un  Boumaza.  Comme s'il avait un don d'ubiquité. Notons que Mohamed Ibn Abdellah n'a jamais cessé de combattre les envahisseurs français. Sa révolte dura jusqu'à sa mort en 1895. Elle devint intermittente à partir de 1861. D'ailleurs, selon C-H. Churchill, il écrivit à l'Emir Abdelkader, alors réfugié au Maroc, l'invitant à  le rejoindre et reprendre la lutte, mais  l' Emir rejeta l'offre. Dans les années 1850, l'Emir envoya son fils Mahieddine, dans le secret le plus total rencontrer Ibn Abdellah et Bennacer BENCHOHRA sur les frontières tunisiennes.
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                                                       Une des rares photos de l'Emir Abdelkader.

                                    Boumaza était un adepte de la confrérie (tarika) des Derkaoua qui s'installèrent sur le site de l'actuel Village Benali, un quartier de Zemmora,  au nord de la gare. Des constructions illicites ont fait disparaître  le cimetière des Chouhada. D'ailleurs, la majorité des Zemmoréens l'appellent toujours  Derkaoua. Qui étaient-ils?  La confrérie   Derkaouia, selon Kamel Bouchama dans son oeuvre majestueuse  "Algérie, terre de foi et de culture", fut fondée par Moulay Larbi Derkaoui, dans la région de Fès, aux environs de 1823.  C'est la doctrine renouvelée de la Tariqa Chadhilya. Les Derkaoua sont des Soufis qui prônent le combat contre tout pouvoir voulant s'imposer par la force. Elle  a beaucoup d'adeptes dans l'ouest du pays. Selon Kamel Bouchama, leur influence notable se situe chez les Hebria dans les régions de Maoussa, Saïda, Frenda, Zemmora, Djebel Nador, Mostaganem, Tlemcen, où il existait, il fut un temps une quantité appréciable de Zaouias, et chez les Derkaoua  de Sidi Adda. Deppont et Coppolani écrivaient en 1897 que dans tous les mouvements insurrectionnels en Algérie et  au Maroc, on trouve la main de la confrérie Chadilya-Derkaouia. En 1954, les adeptes de la Zaouïa Hebria, liée aux Derkaoua furent étroitement surveillés par le colonisateur  français.  En plus nous avons relevé que le Cheikh de la Zaouïa Hebria,  était constamment en relation avec les Hararta. Ses visites devinrent plus rares à partir 1954. Il y comptait beaucoup d'amis et était très influent, malgré son étroite surveillance par l'occupant français.

                                  Une fraternité exemplaire régnait entre les tribus de la région et ce malgré les  enfumades, les emmurements et les massacres collectifs. Cette répression ne fit  que consolider cette fraternité. Et rien ne prouve que ces enfumades n'aient pas  eu  lieu à Zemmora. Pas plus tard que 1988, cinq vieilles tombes furent découvertes pas loin de Ghar Lasfar, trois kilomètres à l'est de Zemmora, en allant vers Tiaret,  lors de l'élargissement de la route nationale n° 23,  mais aucune recherche sérieuse ne fut entreprise quant à l'identification des cadavres, la cause des décès. Peut-être existe-t-il d'autres sites historiques. Pour mesurer l'ampleur du  désastre, nous vous  livrons  un extrait de  l'œuvre  "Parler des camps, penser les génocides" de Catherine Coquio:

                                  L'existence de ces «chambres à gaz» de fortune fut révélée lors de la répression de l'insurrection menée dans le Dahra en 1845 par un jeune chef maraboutique d'une vingtaine d'années surnommé Boumaza  (l'homme à la chèvre), qui s'attribuait le titre messianique de « maître de l'heure». Devant les difficultés à réprimer cette insurrection, le colonel Pélissier décida de poursuivre les Ouled Riah qui s'étaient retranchés par centaines dans des grottes de montagne. Des fascines (fagots de bois) enflammées furent placées, et systématiquement entretenues, devant les issues des grottes où s'était réfugiée une partie de la tribu. Le lendemain, on trouva des centaines de cadavres (d'hommes, de femmes et d'enfants) amoncelés. Il y eut au moins cinq cents victimes; on parla même d'un millier de morts. A la  suite de  l'invitation  du  gouvernement à  «répudier avec horreur, pour l'honneur de la  France» (Montalembert) ce «meurtre consommé avec préméditation sur un ennemi sans défense » (prince de la Moskowa), le maréchal Soult (Nicolas Jean de Dieu, 1769-1851), alors ministre de la Guerre,  fut amené à « déplorer » ce forfait. Au ministre qui ne voulait pas croire «que le colonel ait eu des ordres pour employer de tels moyens», Bugeaud-qui demanda aux membres de la Chambre des pairs de lui indiquer des procédés plus moraux lui permettant de gagner la guerre-répondit qu'il prenait  «toute la responsabilité de cet acte», car il avait prescrit d'en user ainsi «à la dernière extrémité».

                                     L'année précédente, le général Cavaignac avait utilisé le même procédé pour obtenir la reddition de la tribu des Sbéahs. Le général Canrobert en a donné le récit suivant:

                                 On pétarada l'entrée de la grotte et on y accumula des fagots de  broussailles. Le soir, le feu fut allumé. Le lendemain quelques  Sbéahs se présentèrent à l'entrée de la grotte, demandant l'aman (sûreté) à nos postes avancés. Leurs compagnons, les femmes et les enfants étaient morts.

                                  Quelques semaines après l'affaire des Ouled Riah, le colonel Saint Arnaud  (Armand Jacques Arnaud, dit Achille Leroy  de Saint Arnaud, 1800-1854) montra autant de discrétion que le général Cavaignac l'année précédente lorsqu'il emmura d'autres Sbéahs.

                                  Je fais hermétiquement boucher toutes les issues et je fais un    vaste cimetière. La terre couvrira à jamais les cadavres de ces fanatiques. Personne n'est descendu dans les cavernes; personne... que moi ne sait qu'il y a là-dessous cinq cents brigands qui n'égorgeront plus les Français. Un rapport confidentiel a tout dit au maréchal simplement, sans poésie terrible ni images.

                                   Selon quelques survivants, les bœufs, excités par la privation d'air, avaient écrasé les gens à terre, augmentant ainsi le nombre des victimes de ce «vaste cimetière» demeuré fermé et où, selon un observateur qui écrivait en 1864, «tous, hommes, femmes, enfants, troupeaux, sont encore». Faute de pouvoir enfumer, Canrobert  (général français, 1809-1895) pratiqua aussi l'emmurement dans une expédition au nord du Dahra.

                                    Comme il n'y a pas de bois, je bouche l'entrée de la caverne avec des pierres. Si j'avais fait autrement un grand nombre de nos soldats seraient tombés inutilement sous les balles arabes.

                                   De ces quatre sinistres aventures de grottes, seule l'affaire des Ouled Riah fut «médiatisée». Car Bugeaud, qui était en expédition, ne put arrêter le rapport du colonel Pelissier qui finit entre les mains du prince de la Moskowa. Pour C. A. Julien, «il est probable que la pratique-des enfumades et des emmurements-fut plus fréquente qu'il ne paraît». Il convient de préciser que l'armée française a eu recours à l'emmurement des grottes pendant la guerre de 1954 à 1962.   SUITE...

Date de dernière mise à jour : mercredi, 07 Septembre 2016

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