HISTOIRE DES MOUDJAHIDINE

 

L'Algérie libre, reconnaissante à ses enfants, retiendra le nom de chacun de ces héros qui ne mourront jamais. Ils sont nés pour donner leurs vies, comme leurs aïeux avant eux,  pour ce cher et beau pays qui contre vents et marées restera debout. S'ils ont inscrit leurs noms en lettres d'or sur le fronton des braves, c'est pour que nous qui côtoyons les derniers en vie et les générations à venir puissions vivre dans la paix et la sérénité parmi les peuples et nations qui les ont toujours admirés. Et c'est nous, leurs proches, qui les premiers leur devons respect et gratitude. Le devoir de mémoire nous dicte l'obligation de nous rapprocher des derniers survivants pour écrire leur histoire qui est la nôtre.

BOUSSEROUEL Abdellah Ben Mohamed

 

BOUSSEROUEL Abdellah Ben Mohamed (1890-1962)

La maison d'Abdellah BOUSSEROUEL est le merkez par excellence dans la région de Zemmora. Ce sont des compagnies entières de  Moudjahidine qui trouvent gîte et couverts.

BOUSSEROUEL Ahmed Ben Djelloul

 

Tout le monde le connaît sous le nom de Si Ahmed Ould Lahouel. Ce taleb formé au Maroc a passé 7 années entières, si ce n'est plus, avec son air de "sage petit bonhomme" à collecter les renseignements sur les troupes françaises. Et...tenez-vous bien, il passait la majorité de son temps tout près de la caserne militaire de Zemmora où étaient stationnées les troupes françaises depuis plus d'un siècle.

KERROUM Abdellah Ben Ahmed

 

Hadj Abdellah KERROUM est né le 18 avril 1933.

Il n'a pas changé d'un iota. Toujours souriant, toujours alerte. Il est très heureux dans sa presque-retraite. Presque-retraite parce qu'il sillonne l'Algérie à prêcher l'Islam qu'il chérit et pour lequel il a mené le djihad. Un djihad qui lui coûté torture et emprisonnement qu'il considère comme un passage obligé pour tout patriote durant la colonisation française. Il ne veut pas parler de celà de peur de passer pour un héros, alors que les vrais héros, dit-il, y ont laissé leurs vies. Gloire à nos Chouhada. Hadj Abdellah observe un mutisme total sur cette période douloureuse et c'est bien avant 1954 qu'il commença à militer.

Mon cher cousin, Hadj Abdellah. Si les Français ne t'ont pas fait parler par la torture, moi je saurai le faire. Je t'assiègerai, je me cramponnerai à toi. Ma première tentative d'aujourd'hui le 28 décembre 2008 n'a été qu'un échantillon. Je sais que tu ris en me lisant.

Qu'Allah te prête longue vie et te garde pour nous, mon cousin et ami de mon défunt père.  Je te respecte tant. 

CHEMREK Miloud

 

CHEMREK Miloud est un taleb, militant de première heure. Il avait pour compagnons d'armes BELATRECHE Hadj Brahim, le Chahid BOUSSEROUEL Mohamed, BANADDA Abedellah Ben Achour et autres. Quand le réseau de sabotage des lignes téléphoniques et de la ligne de chemein de fer fut découvert, il fut à être arrêté. Il faillit passer de vie à trépas, mais ne dénonça personne. Sa forte personnalité et sa formation dans la bonne école du nationalisme algérien lui valurent des séquelles de la torture qui le marqueront jusqu'à son dernier jour. Aujourd'hui, retraité de l'enseignement, HAdj Miloud passe ses heures et ses jours à lire et psalmodier le Saint Coran. Je ne raterai pas l'occasion d ele faire parler, inchallah.

BOUSSEROUEL Abdelkader Ben Abdellah

 

Né en 1929 à Hararta. Ce passionné de chasse est agile comme l'éclair. De sa passion de la chasse, il retint sentiers, grottes, ruisseaux et autres oueds qui lui servirent à protéger ses hôtes qu'il guidait jusqu'aux sommets de Djebel de Menaoeur ou à Ouled Sidi Lazreg. J'y reviendrai.

BOUSSEROUEL Noureddine Ben Abdellah

 
On ne l'appelle que M'hamed. Les séquelles de la torture que lui ont laissées les troupes coloniales le font souffrir jusqu'à nos jours. Comme tous les siens, il a toujours cru en un jour nouveau. Un jour où l'Algérie aura son mot dire à la France qu'il n'est pas prêt d'oublier pour avoir lâché sa horde sur de paisibles algériens.

J'y reviendrai.

BOUSSEROUEL M'hamed Ben Benaïssa

 

C'est un enfant de la bonne école.

Quand le Chahid BOUSSEROUEL Mohamed tomba au champ d'honneur, les Moudjahine de notre glorieuse Armée de Libération Nationale, se trouvèrent dans l'embarras pour remplacer le chaînon manquant. La mission de ce chaînon était très importante. Elle allait de la collecte d'argent jusqu'aux exécutions des traîtres et des usurpateurs français. Le choix tomba sur Si M'hamed BOUSSEROUEL, qui de peur de ne pas être à la hauteur de la tâche qu'on lui assignait, pria les hôtes de Si Abdellah BOUSSEROUEL, le père du Chahid, de l'exempter de toute chefferie. Il m'a confié: << C'est la règlementation en vigueur dans de pareils cas, m'ont-ils signifié. Quand quelqu'un des nôtres tombe, c'est un membre de sa famille qui le remplace. J'ai accepté de passer de simple petit moussebel à trésorier et je remercie Allah de m'avoir aidé à macquiter de ma tâche sans faille de novembre 1957 jsqu'à l'indépendance de l'Algérie.>>

BENADDA Mohamed Ben Benaïssa

 

BENADDA Mohamed est connu chez nous par tous, mais on ne l'appelle que Hamma ould Chachi. Chachi était sa mère..

ADDA BENYOUCEF Laïd

 

La plus belle voix de Zemmora. La voix qui récitait le Coran. La voix qui chantait Farid El Atrach. Epié, arrêté, torturé, mais rien n'y fait, chez nous on ne donne ses copains. On l'apprend dès l'enfance.

BELBARI Mohamed Ben Boualem

 

C'est Hamma Boualem pour tout Zemmora. Du fusil en bandoulière pour égayer les mariages, il a fait sa passion, lui qui ne voulait que ça dans l'Algérie indépendante. Porter en toute liberté et avec fierté son fusil qui n'était pas à sa portée pour se défendre quand on vint l'arrêter. Torturé, il en s'en sorti avec des équelles et toujours cette manie de raconter à qui veut l'entendre le bon vieux temps. Le bon vieux temps où tous les siens miitaient et que personne ne soupçonnait les sacrifices consentis par les Hararta. Tout se faisait dans le plus grand secret.

J'y reviendrai. 

ADDA BENYOUCEF Mohamed Ben Abdelkader

 

On le connait sous le diminutif de Hamma. C'est l'agent de renseignements des nationalistes le plus insoupçonné. Bien avant la guerre d'Algérie, cet homme cultivé qui maîtrise la langue française se distingua par l'intérêt qu'il portait à la cause nationale. Tout jeune, dans les années 1940, il subjugua son entourage par sa maîtrise du volant. Tout jeune, cet élégant et courtois harrati, fut engagé comme chauffeur de l'administrateur et c'était mal le connaître que de l'avoir engagé. 

Je suis passé chez lui ce jour, 30 décembre 2008. Question à Hadj Mohamed, aujourd'hui âgé de près de quatre-vingt ans et habitant Mostaganem: << Sid El Hadj Mohamed, comment à votre époque, gardait-on si bien un secret qui n'était point un secret? >>   Drôle de question, vous dites-vous? Pour moi aucunement. Tout le monde savait que Mohamed travaillait pour la cause nationale, exceptés les colonisateurs français, les félons et les renégats. Tout le monde savait tout du côté de chez nous et personne ne savait rien du côté de chez eux. Bref. Sa réponse est aussi d'une autre époque, une époque qu'il regrette. << Bonne question, me répondit-il. Je t'assure que même le voisin, quoiqu'il soit un proche ou un cousin, n’était pas au courant de certaines choses. Et il ne cherchait pas à tendre l’oreille. Tout était filtré. Tout passait au crible. Il y avait des choses qu'on évélait et d'autres qu'on mourrait avec. Le secret du <<culte du secret>> réside en que nous étions éduqués par tous. Le père, la mère, l'oncle, la tante, le voisin, le maître de l'école coranique, les proches, enfin tout le monde s'y mettait pour faire de nous un être qui s'adapte à toutes les situations. Personne ne pouvait relever le moindre signe d'un quelconque sentiment sur notre visage. Ni la joie ni la douleur n'apparaissait dans nos traits. On devait paraître sage pour plaire à nos parents, aux plus âgés et aux maîtres. Personne ne pouvait sonder votre intérieur qui qu'il fusse et quoi qu'il fasse. Je remercie Allah de m'avoir éveiller pour servir ma patrie.>>

Arrêté et torturé en même temps que d'autres, suite à un attentat à Relizane, Hadj Mohamed, alors âgé d'une trentaine d'années quitta Zemmora pour s'établir à Mostaganem en 1958. Retraité de l'agriculture, il coule des jours heureux. Père de cinq garçons et trois filles, Hadj Mohamed est satisfait de sa progéniture et lui implore la bénédicion d'Allah.

Moi, je ne suis pas satisfait tant que ses enfants, qui savent tous lire et écrire, n'aient pas eu le courage ou la gentillesse, je ne sais pas, de m'aider à écrire la vie de ce Moudjahid.  Il mérite plus que ça.

 

BOUSSEROUEL Harrat Ben Benaïssa

 

Il est né en 1908. Travailleur acharné chez un certain colon du nom Joulia, il conquit celui-ci jusqu'à lui faire épouser la cause nationale. Des années durant aussi bien Joulia qu'Harrat n'éveillèrent les soupçons que la ferme située à Béni Issad ou plutard celle de Zemmora  servaient de gîtes aux valeureux Moudjahidine.

J'ai relevé ceci pour vous, écrit par un anonyme.

 

Nous BOUSSEROUEL Harrat Ould Benaissa né en 1908 à Harrartsa Cne de ZEMMORA 
« NOM DE GUERRE : SI-RADOUANE »
Et ma femme BOUSSEROUEL née LARBI Kheira, Née en 1918 à ZEMMORA 
« NOM DE GUERRE : LARBAOUIA »

Nous saisissons cette occasion pour l’écriture de l’histoire de l’Algérie contemporaine, qui est considérée comme une âme vitale pour conforter l’homme algérien, aussi notre participation, minime soit-elle, à la construction de l’Histoire Nationale, où nous avons exercé un rôle important, avec l’inscription des évènements concernant la préparation politique de la Révolution et au déclenchement de la Révolution Armée, au niveau de notre région Zemmora, se résumant comme suit :

Notre première participation a débuté en 1946 au lieu dit BENI-YSSAD (EL HAMMAM) Cne de MENDEZ, dans la Ferme du Colon Joulia, ou je travaillais comme Gérant et ce lors du Passage de Feu FARHAT ABBAS (que dieu ait son âme) qui faisait la propagande pour le recrutement des militants favorables à la Cause Nationale et la structuration des lieux refuges et de transit ; 

Alors, nous avons été désigné comme marquez , lieu d’approvisionnement et de transit de messagerie entre différent maraquez au niveau du secteur, et dont je fus chargé de l’approvisionnement des camps de regroupement des Djounoud dans le Djebel OUARSENIS

Durant cet période de préparation , nous recevons des Hommes Politiques, tel que Feu Si-Ali BOUMENDJEL, feu Si-Tayeb EL-WATANI (Chahid BOUDIAF), Feu SI-BOZAR et autres…(que Dieu ait leurs âmes).

En 1948, nous avions déménagé à Zemmora, je travaillais encore comme Gérant dans la nouvelle ferme, nous recevions des messagers déguisés en Marchand ambulant appelés alors «HADRIS» qui faisaient de la troc en échangeant de la mercerie contre les denrées alimentaires. Et, nous continuons tel que Marquez au niveau de la ferme….

Le 1er Novembre 1954, c’est la Révolution, nous étions toujours dans la continuité en tant que Marquez, lieu de Transit et d’approvisionnement et collecteur de fonds, pour les Chefs de l’A.L.N et Responsables du F.L.N. Les directives reçues alors, étaient de rester discret et d’éviter de faire de la politique en public, et ce dans le souci de maintenir le lieu secret pour garantir la sécurité des Chefs de l’A.L.N ou les Membres du F.L.N de passage.

Il est à noter que durant l’Année 1955, le combat n’était pas engagé d’une manière direct, du fait, que cette année a servi à l’organisation et la préparation d’une opposition forte et capable de tenir et de faire face aux forces de l’occupation sur l’ensemble du territoire national.

Durant la Révolution, notre participation n’était pas restreinte à nous deux, mais aussi à toute ma famille à qui chacun était dévolu une mission :
Mon fils BOUSSEROUEL Bénaouda, né le 02.01.1937 à Zemmora, qui travaillait comme chauffeur de tracteur de labour, se déplaçait aisément sur tout le territoire de la Commune et environ, avait la possibilité de prendre contact avec tout les militants de la région. Après sa libération du service militaire, je lui ai acheté une voiture Peugeot 203, pour diversifier les moyens de transport, pour les besoins de la sécurité des déplacements des moudjahidine.

Et mon fils BOUSSEROUEL Abdelkader né le 09 /02/1944 à Zemmora, écolier en ce temps, se voit chargé de rédiger des messages aux chefs, tel que SI-ALI, SI-LARBI et puis à SI-NOURREDINE au niveau de notre marquez à Zemmora et de les remettre au maraquez voisinant, pour ce Besoin je lui ai acheté une bicyclette.

Et toujours pour les besoins de la Cause Nationale, ma fille adoptive REZAG Saadia née le 27/12/1946 à Beni-yssad, fut déclaré comme malade chronique, atteinte de TUBERCULOSE au Centre de Santé militaire pour se faire délivrer des médicaments tel que la Pénicilline et pansement, cela en complicité avec un Militaire infirmier au nom de DJELLOUL de BELHACEL qui militait alors au sein de la Révolution. Tous les jours vers 12 heures, à l’appel de la Soupe, elle se rend au centre de Santé militaire muni d’un couffin pour prendre livraison des médicaments et autres …..

Aussi, ma sœur BOUSSEROUEL Mahdjouba né 00/03/1939 à harartsa, que j’ai adopté et qui vivait sous mon toit, était chargé du raccommodage et de la lessive des vêtements et tenues militaires des moudjahidine, ainsi que de la préparation des repas ; durant tout les années de la Révolution armée.

En outre, ma fille BOUSSEROUEL Saadia née le 19/05/1934 à Zemmora mariée à Feu BELKADI Abdelkader, ne le 16/01/1923 à Harartsa, qui travaillait chez l’Administrateur de la Commune de Zemmora comme planton et chargé du Jardin Personnel de l’Administrateur, ce qui lui permettait de contrôler tous les mouvements au niveau de la Commune. Ils vivaient sous mon toit et ont participer à la Révolution jusqu’à l’indépendance.  

Enfin, REZAG Benaouda « dit Benaoued » et sa femme BEHADEF Kheira « dit hadefia », qui travaillait avec nous à la ferme de joulia depuis beni-yssaad à Zemmora à collaboré avec nous durant la révolution d’une façon régulière, du fait que nous formions une seule famille.  

Tout le long des années qui suivent, notre région a milité dans le sens du recrutement et de l’approvisionnement des camps de Djounoud dans les Djebels, d’où la solidarité des militants de la région était mère de la prudence et a donné des résultats positifs, avec le recrutement de plusieurs marquez dans les douars, tel que :

 DOUAR HARRATSA, ELMASALAH Ain Sidi HARRAT, avec Feu kouider BELARBI chahid , ce Marquez, ELMASALLAH Ain sidi Harrat était connu même du haut commandement de l’A.L.N. du fait qu’il a servi , à plusieurs fois, comme relais de travail, pour des hauts responsables qui étaient en missions commandées.

 DOUAR SERAOULIA avec Feu Si-Abdellah BOUSSEROUEL, d’où il possédait 03 caches
Une sous la cuisine qui pouvait contenir plus de 20 Moudjahidine, la 2ème au niveau de la grande salle et la troisième creusée dans la champ des vignobles. 

 DOUAR ROUACHEDIA, avec Djelloul BERRACHED , Benaissa BELMILOUD , Ahmed Ould MENOUER, et Ahmed BELHADJ Tissal chargé de porter les messages aux différents secteurs,

 DOUAR OULED SAADALLAH avec Si-Abdelkader ben Aoued.
 DOUAR MECHAICHIA avec le chahid Si-M’hamed MECHAOUI, commerçant de métier qui possédait un voiture JIVA4 pour transporter les approvisionnements, 

 DOUAR ZAOUIATE ECHEIKH avec feu Cheikh Si-Benatia AGRAB,  

 DOUAR AYAÏDA, avec Si-Benaissa BECHEIKH,  

 DOUAR SIDI SLIMANE, avec DAOUDI M’hamed dit Zaïm, taxieur de métier, qui était chargé de remettre le Revolver au FIDAI qui sera désigné pour un éventuel attentat, une fois la mission terminée, ce dernier remet le pistolet à mon fils BOUSSEROUEL Abdelkader qui était chargé de la garder, dans un lieu sûr, dans la maison jusqu’à la mission suivante ; comme le veut le règlement , le contact se fait par une seule personne. .

 DOUAR ELHAOUARA, avec Si-Elhadj Aoued BELHAOUARI. 

 DOUAR DAR-BENABDALLAH, avec Feu Si-Ahmed BOUCHIBA .

 DOUAR BENI-DERGOUN ,Avec Feu CHAACHOUA. 

En 1957, mon fils Bénaouda, fut enrôlé pour faire son service militaire au camp de NOUVION (Oued–el-Malah). Contacté par un groupe de militaire pour déserter et prendre le maquis, il nous fait part de ses désirs et dont nous demandons aide et conseil au Chef des Moudjahidine, nous recevons un ordre strict, de lui interdire de déserté et de terminer son service militaire, du fait que la révolution a besoin d’hommes à tous les niveaux pour contrôler les mouvements de l’Armée française. Et de plus sa désertion dénoncera le marquez, dont nous avons besoins le plus. C’est ce moment là, et au mois de juillet 1957 que Chahid SI-RACHID (BERRACHED Lalmi) déserta de la caserne de NOUVION avec un groupe de ses compagnons.

Cette année était marquée avec l’arrivée des CHASSEURS ALPINS à ZEMMORA et de l’Armée dit Chapeau de Brousse constituée en majorité par des actifs Algériens naturalisés et portaient des noms français, dirigée par le Cdt Jean Pierre et stationnée à OUED-EL-DJEMAA, le contrôle devenait sévère, et le colon Joulia était accusé de porter aide aux FELLAGHAS, du fait que toutes les fermes ont été touchés sauf la nôtre. Celui-ci nous a mis au courant de ses craintes.

En recevant les Responsables SI-ABDELMOUMENE qui se déplaçait en mobylette en plein jour pour contrôler le mouvement de l’armée Française, SI-LARBI , Si-Miloud BESSAFI et Si-Ali ELBORDJI qui étaient en tournée d’information et de propagande et qui devaient tenir une réunion regroupant les militants de ZEMMORA et d’OUED-EL-DJEMAA, dans le Marquez du DOUAR AYAÏDA , et, de suivre leur itinéraire au Djebel Sidi-Abdelkader et Beni-dergoun , nous leur fîmes part de nos craintes et tout en leur demandons de faire une visite fracassante à la ferme et ce dans le souci d’alléger le contrôle militaire qui nous a été imposé surtout par l’Armée de Jean-Pierre de OUED-EL-DJEMAA.

Après le passage des Moudjahidine qui avaient brûlé, çî et là (un garage et une Meule de foin) pour éclairer le lieu afin d’être vu par l’Armée Française, ce qui nous oblige de déménager à Zemmora, et depuis le contrôle avait diminué d’une façon sensible, ce qui nous a permis de maintenir le Marquez de la ferme au service des djounoud, pour passer les nuits en toute sécurité.  
Cette année là, j’ai remis DEUX FUSILS DE CHASSE , et de l’Argent en liquide, au Moudjahid Miloud BESSAFI (Douar OULED-ZID ) et si Ali ELBORDJI, sur délivrance d’un reçu, dont photocopie ci-jointe.

 Les moudjahidine, contraint de marquer leur présence sur tous les fronts, d’où la veille de l’AID EL FITR juste avant El-adhan, les enfants (nom populaire donné au Moudjahidine) tendent une embuscade bien calculer au lieu dit GHAR EL ASFAR, ils creusent six fossés sur la descente avant l’axe Kenenda-Mendez , avec la collaboration des Militants des Douars environnants, lors du passage des Camions GMC de l’Armée Française qui se dirigeait sur Tiaret , tous les soldat ont été tués dans cette embuscade, sauf un seul le beau fils d’un transporteur français « MOLINAS » qui faisait le mort. Cette opération, réussie sur le plan militaire, a permis aux moudjahidine de récupérer un lot important d’armes , munitions et d’habillement militaire.
   
Et nous restons dans la continuité dans un autre lieu, pour servir la Cause Sacré, nous déménageons à ZEMMORA, sis à Village Kaddouri, au milieu des réfugiés venant des Douars.
 
 En 1958, nous continuons, cette fois-ci avec SI-ALI (MES’OUL ARCHE), SI-MILOUD, SI-MAHMOUD et SI-HAMZA. Un DRAPEAU ALGERIEN perforé par balles, nous a été dédier par SI-MILOUD valeureux moudjahid, qui est tombé au champ d’honneur dans la bataille de DJEBEL MENAOUER.
  
En 1959, la France changea de politique et créa des milices au niveau de chaque douar en construisant des postes de surveillance. Ainsi nous prenons contact avec le CHAHID SI-RACHID (BERRACHED Lalmi) originaire du Douar ROUACHEDIA, pour reconstituer le réseau à partir du Marquez ELMASSALAH . Après la mise en place du réseau il donna le commandement au Moudjahid SI-SAID en tant que MES’OUL ARCHE.

 Nous continuons, en approvisionnant le Marquez en Blé et d’Orge au titre de Haq-Rabi (système de camouflage), denrées alimentaires et Médicaments pour porter des soins aux Moudjahidine malades ou blessés, tel que le Moudjahid BELAADJADJ (décédé après l’indépendance), qui était atteint d’un maladie pulmonaire (au Marquez ELMASALAH) et dont pour les soins, il avait besoin de la PENICILLINE et autre MEDICAMENTS nécessaires aux soins des éléments blessés. 

Venons en permission, mon fils Benaouda fut reçu par SI-RACHID au Marquez ELMASALLAH, ce jour-là il remet une tenue Militaire de sortie à SI-RACHID. 

Un indicateur a donné ma femme à l’armée française, avec précision que dame BELARBI porte toujours un couffin sur sa tête et accompagnée d’une jeune fille de 12 ans, qui n’est autre que ma fille adoptive REZAG Saadia, et dont la chance, il ne l’a connaissait que par son vrais nom de famille « BELARBI Kheira » et à chaque descente de l’Armée au Douar Harartsa pour contrôle d’identité il ne trouve que la Fille de son Frère KOUIDER (Chahid) qui porte le nom de BELARBI Kheira et qui était encore toute jeune fille.

Elle qui possédait différentes identités , au niveau du 2° Bureau elle était recensée sous le nom de BEKADDOUR Kheira Bent BELARBI (pièce d’identité), au niveau de la Gendarmerie sous le nom de BELARBI Kheira Bent BEKADDOUR (pièce d’identité, sa vrais identité) et populairement connue sous le nom de Kheira ESSEROUALIA ou Kheira ESSAGHIRA, et par mes Amis « EL-GUERAA », et le hasard fait bien des choses, la Gendarmerie et le 2° bureau ne s’entendaient nullement et il n’y avait pas de coordination entre eux .

Il nous a été affirmé , par certaines sources proche du 2è bureau, que la nommée BELARBI Kheira est recherchée avec une prime pour sa capture, et qu’elle était condamnée à mort avec toute sa famille grands et petits d’où ils seront passés par les Armes en public. Ce qui incita les indicateurs à faire plus d’effort pour encaisser la prime.

Au mois de Février 1960, un indicateur avait donnée le Marquez « ELMASALLAH » et avec ma femme qui y se rendait ce jour, portant un couffin plein de denrées alimentaires et vestimentaire pour les Djounoud qui se trouvaient au marquez, en arrivant sur les lieux, et 05 à 10 minutes surgissent l’armée , son neveu Ahmed qui voulait barré le chemin au Capitaine fut poussé à l’intérieur du Gourbi de force par un Harki, la réaction du Chahid Ahmed était de porter un coup au Capitaine, avec un pierre de la cheminée et il l’atteint à la poitrine, tout cela pour permettre aux trois Djounoud de sortir de la MAKHBA (cache) et de se préparer à la riposte. Ainsi, Ahmed tomba chahid ce jour, sous les yeux de sa tante, tué par une rafale tirée par un Harki. 

Ma femme qui était la première cible, fut bloqué à l’intérieur du gourbi, par ordre du Cdt de l’armée, et cela pour l’identifier, l’accrochage qui était d’une violence extrême et d’ou les Moudjahidine bien disposés à vendre chèrement leur vie, causaient des pertes considérables au sein des soldats. Un harki voisin qui a reconnu ma femme , lui cria de passer pardessus son corps pour se sauver, consciente et d’un tel courage, elle saute pardessus son corps et se met à courir sans attendre, le Cdt la voyant se sauver il ordonna à ce même harki de la tuer, lui qui était armée d’une mitrailleuse 12/7, sans attendre, il commença à lui tirer dessus, mais en l’air au dessus de sa tête. 

L’accrochage dura de plus de 6 heures, et à l’histoire d’inscrire ce jour le décès de 03 chouhada et d’un blessé pris pour mort : le Chahid Ahmed propriétaire du Marquez, le Chahid Si-Nasser et le chahid Si-Ahmed, le Blessé qui survécu est le Moudjahid Si-Said (SIDI-AOUMEUR) toujours vivant après être soigné par l’armée française.

  En 1961, après la destruction du marquez ELMASALAH, nous prenions contact avec les Moudjahidine SI-NOUREDINE(2), SI-ABDELMAKSOUD et SI-AZZADINE au niveau du secteur du Douar AYAÏDA pour le reconstruction de nouveau du réseau au village de Zemmora. La continuité était avec la collaboration :

 de feu BELATRECHE Benaissa dit Sissi transport public, 

 de Feu LADJADJ lazreg transport de voyageurs, et qui possédait une voiture JIVA4 qui a servi aussi au transport de l’approvisionnement, 

 de Feu BOUAZZIZ Mohamed, transport de voyageurs et son frère BOUAZIZ Mustapha employé communal, en tant que Marquez et participant de fonds.

Nous avons procédé au recrutement de KERROUM Kouider et Aoued OULD MEFTAH qui travaillaient au 2° bureau et dont leur service nous étaient d’un secours extrême, ils nous avertissaient à chaque sorti de l’Armée pour contrôle, par l’intermédiaire de ma fille adoptive REZAG Saadia qui se rendait tous les jours à leur bureau, afin d’évacuer les Moudjahidine des Maraquez , le mot de passe était « CHASSEZ LES POULES DE LA MAISSON », la mission de faire sortir les Moudjahidine du Marquez était dévolu la plus part du temps a Sissi dans son camion Hotchkiss, et lui qui est connu comme coureur de jupon renommé ; du faite que les moudjahidine étaient déguisés en femme. 

Il faut avoir vécu ces moments pour croire au courage de ces volontaires, qui franchissent des barrages militaires, assis à ses cotés , sur le siège avant des djounoud armés de fusil (Masse 36), avec une froideur incroyable, c’est djounoud ne sont autres que SI-NOURREDDINE (BELBARI), SI- ABDELMAKSOUD et SI-AZZEDDINE, encore en vie.

Durant toute notre participation, nous avons eu l’honneur de connaître les Moudjahidine de passage, autres que ceux nommés :

 AU NIVEAU DU MARQUEZ « LA FERME JOULIA »

 SI-MOHAMED ESSIASSI
 SI-ABDELKADER Moustache
 SI-MAHFOUD 
 SI-BOUKHATEM 
 SI-BOULAHROUF un jeune qui s’occupait du secrétariat, entre autres……...

 AU NIVEAU DU MARQUEZ « ELMASALAH »

 CAPITAINE SI-HAMZA , et d’ou le hasard fait bien des choses, le Capitaine de l’Armée française se nommait aussi Capitaine Hamza, ce qui nous facilitait les chose en parlant entre militant et de prononcer le nom de SI-HAMZA. Il fut capturer par l’Armée, lors de son passage vers le marquez ELMASALLAH avec son cousin et qui étaient emprisonné à SIDI M’HAMED BENAOUDA jusqu'à l’Indépendance, il est toujours en vie 
 HAKI Ould Erroumia, un valeureux combattant, qui disait à ma femme «ya ma ELARBAOUIA » Je suis sorti au maquis avec ma femme pour combattre l’envahisseur et je ne pouvais la laisser dans la dachra pour être la risée au mains de l’armée française.
 SI ANTAR 1er , il était si fort que le surnom Antar lui conviendrait.
 Cdt SI-OTHMANE, qui exerçait alors les fonctions de COMMISSAIRE POLITIQUE,
 SI-NOURREDDINE (1) ,
 AKCHICHE L’infirmier, de son vrais nom YOUNES.
 SI-MOHAMED PM
 SI-ABBOU
 SI-TALEB
 SI-MADMOUNE 
 SI-MOHAMED EL DJAZAIRI (DOUAR ET-TEFAHA)

 AU NIVEAU DU MARQUEZ « ZEMMORA »

 SI- EL BACHIR
 SI-SALAH
 Et des Dizaines de Chefs et Moudjahidine qui sont passés par notre Maison le Jour de la déclaration du Cessez-le-feu  

Enfin, la déclaration du cessez-le-feu, le 19 mars 1962, c’est la sombiose, ce jour-là restera marqué dans notre histoire (histoire de notre famille), c’est le RETOUR des Moudjahidine des djebels, et notre Maison était la première à recevoir c’est valeureux et braves moudjahidine de la Cause Nationale, avec tous les honneurs dus aux combattants inlassables et victorieux. C’est notre maison qui a servi de P.C pour les chefs de l’ALN d’ou ils recevaient des messagers de toute la zone. 
Des camions bondés de Djounoud, passaient par chez nous, jeunes et vieux, blessés et malades, tel que SI-ZGHLOUL(2) qui était blessé par balles à la cuisse.

Ma maison a servi de PC , même après l’évacuation de l’Armée française de la Caserne et qui fut remplace par notre glorieuse Armée de Libération, pour trancher sur des cas litigieux, et à chaque fois notre avis était demandé.  

Tout le village était surpris, eux qui croyaient que le village de ZEMMORA était isolé par l’armée française, même nos voisins proches, à eux, et qui notre maison était ouvert à tout moment ont été surpris, voire que toutes ces années de révolution et que personne n’a dévoilé le secret, sauf ceux avec qui nous avons milité .

المجد و الخلود لشهدائنا الأبرار
العزة و الكرامة للأسرة الثورية
تحيا الجزائر

BELARBI Kheïra Bent Bekaddour

 

C'est l'épouse de feu BOUSSEROUEL Harrat. Voir ci dessus son histoire liée à celle de son défunt mari.

BOUSSEROUEL Louisa Bent Benaïssa

C'est l'épouse d'ADDA BENYOUCEF Mohamed Ben Abdelkader. De petite collaboration en petite colaboration, elle décida de s'adonner corps et âme à la cause nationale. Les Moudjahidate de passage chez les Hararta l'ont contaminée et la voilà qu'en compagnie de BOUSSEROUEL Fatiha et une troisième, rejoignit le refuge d'Aïn Sidi Harrat chez les Belarbi. Et là, surprise. C'est une raclée et des interrogatoires serrés pour savoir d'où ces jeunes filles détenaient le secret du refuge. Un secret de Polichinelle. Qui ne le savait pas, exceptés les troupes d'occupation, les félons et les colons. Et malgré ces soupçons, elle n'abandonna pas et servit la cause jusqu'à l'indépendance.  

ABBASSI Abdelkader Ben Abbès

 

Il dominait par sa taille tout le souk. Le parler franc et les épaules à la mesure de sa forte voix faisaient qu'il lui était impossible de passer inaperçu. Né en 1905, ce taleb,  employé chez l'administrateur de la commune mixte de Zemmora, était un agent de renseignements qui agissait au profit de tous ceux qui rêvaient d'une Algérie libre. Depuis le MTLD jusqu'au FLN en passant par le PPA, l'association des Oulémas Algériens, l'ALN. En plus, il approvisionnait les frères en tenues de combat, chaussures militaires, nourriture, argent et de tout ce qui était soutien à la cause nationale. Dans la Smala, cet impénétrable quartier de Zemmora, régnait une discipline de fer insoupçonnable. Très organisés sous la houlette de Si Mohamed BOUSSEROUEL, les Zemlaouis vivotaient en frères et sœurs. La nuit, Si Abdelkader ABBASSI la passait et en prières et implorations pour le djihad. Son épouse Badra, âmti Badra, activait au tant que son mari et savait cacher les provisions et bien grader le secret. Ils furent très affligés quand leur compagnon d'armes BOUSSEROUEL Mohamed tomba au champ d'honneur.

 

LACHEHEB Djelloul

 

Si On disait que Si  Djelloul LACHEHEB vivait dans une quiétude inégalée durant la guerre de libération de 1954 à 1962, entre son domicile à Zemmora parmi les siens à la Smala et ses occupations dans sa ferme située à deux kilomètres de Zemmora sur la route d'Ammi Moussa. Il n’a pas été la cible des Fellagas!! Et pourquoi donc ? Bien sûr que l’on se poserait cette question si l’on se mettait à la place d’un colon. Une ferme isolée et un arabe qui ne fréquente personne. C’est mal le connaître. Personne ne soupçonnait en lui l'agent de liaison parfait entre les Hararta et Ouled Yaïch. Armes, munitions, habillements et nourritures passaient par la paisible ferme. Hadj Djelloul, fin tourneur, s'occupait aussi de la réparation des armes des frères. Son épouse BOUSSEROUEL Aïcha était chargée de la confection de drapeaux algériens et  de vêtements.  Nous y reviendrons.

ADDA BENYOUCEF Miloud

 

ADDA BENYOUCEF Miloud était un père de famille exemplaire. C'était le père de feu Mohamed, Ahmed, Addadi et Laïd, nos amis de jeu et voisins à la Smala, ce vieux quartier de Zemmora où habite encore Laïd, le cadet des enfants avec sa mère âmti Zohra e ses sœurs. Inutile de vous dire qu'il est impossible d’aller plus loin que chez eux quand vous êtes en panne : un peu de sucre, un peu de café, un peu de sel et j’en passe. Ce sont toujours ces petits  chouias qui  règlent l’atmosphère de la fraternité dans cette haute Smala.  C’est ce qui fait qu’à la soixantaine passée, vous dites encore âmti Zohra et âmmi Miloud quand vous parlez de feu Miloud et Zohra, un couple paisible aux enfants merveilleux et que personne ne soupçonnait de soutien à la révolution jusqu’à l’indépendance de l’Algérie et ce malgré l’arrestation et la torture qu’endura âmmi Miloud en cette année 1957.  A suivre…

 

 

ADDA BENYOUCEF Mohamed ben Mohamed. C'est un nom qui ne dit rien. Et pourtant le pseudonyme du bonhomme fait trembler les grands comme les petits parmi ceux-là qui faisaient la loi. Ceux-là de l’armée régulière comme les colons et autres délateurs. << Moi, j’aide les fellaghas, qu’il disait. >> Il le disait haut et fort. Il le criait. Et pourtant… il n’en est pas mort. D’autres que lui, ont bien laissé leurs peaux pour moins que ça. On l’appelait Adda << Karmam >>.  Kamam veut dire chez nous râleur, criard, gueulard et tout ce qui se rapporte à grande gueule au propre comme au figuré. Et tout le monde s’accordait à traduire Adda Karmam par << Adda la Grande Gueule >>. Et Dieu sait que ce n’est une langue qu’il a, mais une scie comme on dit chez nous. Quand il affronte ceux-là que tout le monde appelle « Monsieur », il leur fait entrer la tête dans les épaules, tellement son langage était une poésie à faire rougir les morts. On l’entendait vociférer au souk à l’autre bout du village pour mettre de l’ordre dans la pensée des autres et des nôtres.   << Mais, bien sûr, que j’emmène ces provisions aux fellaghas ! >>  Et personne n’osait placer un mot devant cette force de la nature. Qui l’affronterait, lui qui les voyait comme des moins que rien du haut de ses deux mètres ?  A suivre…

 

La terreur rouge.

 

C'est le père de Rabiâ, Benaïssa, Aïcha, Louisa et surtout l'amoureux de ses deux jumeaux feu Mohamed et Djilali. Si Benadda Abdelkader ould Mohamed a accepté de lui donner la main de Zohra, c'est qu'il y a anguille sous roche et pour cause... Si Abdelkader, un sage parmi les sages est un militant silencieux de la cause nationale. Une école du patriotisme qu'on dit de lui. Autre question? Comment se fait-il qu'Abdelkader Ben Djilali se permettait d'élire domicile chez son beau-père en pleine Smala, ce quartier où pullulaient les moudjahidine. La Smala pour la région de Zemmora est ce qu'est la Casbah pour Alger. Ici, on ne badine avec la cause nationale. Qui de la Smala, ce lieu historique par excellence, n'a pas logé, nourri ou blanchi un Moudjahid?  La loi de l'omerta était de rigueur.  En tenue règlementaire, le calot bien ajusté et les brodequins bien cirés, Si Abdelkader Lamdjadani, nom de code Gueyi, ne s'inquiétait nullement dans ses déplacements.

A bicyclette ou en à pied il rejoignait les combattants de l'Armée de Libération Nationale(ALN) par l'intermédiaire de son son voisin et ami le Chahid Bousserouel Mohamed aux environs de Sidi Harrat chez les Sraoulia, les Slamnia, Aïn Sidi Harrat ou tout autre refuge de nos braves Moujahidine. Et là, le Commandement lui attribuait des missions particulièrement dangereuses. Des missions de guerre psychologique. Des tâches qui donnent froid au dos. Et il s'en acquitta sans rechigner au péril de sa vie et la perte des siens.

Quand s'adressait à l'assistance à partir du mur du souk sous le viaduc qui le surplombe, le capitaine chargé du maintien du moral des troupes coloniales ne savait pas que d'autres menaient une contre-guerre psychologique et plus offensive encore. Malgré les cadavres de Chouhada que l'on trainait  à travers Zemmora et jusqu'au cimetière de la Abada sur la route de Sidi Harrat, les nôtres d'une grande piété savaient que c'est ainsi que s'acquiert la liberté et que les Hararta qui n'ont pas abandonné  Abdelkader et Bouamama ne vont pas abandonner ceux-là qui ont juré par la victoire ou la mort.

Advienne que pourra, Si Abdelkader Lamdjadani n'est pas mieux loti que les autres Moudjahidine. Le bonhomme a emporté son secret avec lui, qui n'est plus un secret d'ailleurs, ou peut-être quelqu'un saura nous le dire un jour. Et le secret est selon moi un "horaire"  que je cherche.

Eh bien, figurez-vous, que le Moudjahid Si Abdelkader Lamdjadani, faisait trembler tous les cantonnement de l'armée avec ses lettres de menace, de persuasion.  Ecrite à l'encre rouge par un combattant chez les Hararta, celles-ci étaient ramenées par SI Abdelkader et "distribuées" régulièrement sous les portes des officiers, sous-officiers et autres chefs. Par qui et à quelle heure? Nul ne le sait.

A en croire les témoins, certains militaires de la division stationnée à Zemmora, qui voulait se confier à d'autres à propos des menaces et de l'action psycholgique à coup de lettres en rouge, se voyaient montrer par leurs collègues celles qu'ils avaient reçues.

Jusqu'à nos jours, personne ou presque ne sut que les lettres qui terrorisaient le commandement ennemi était l'oeuvre d'un militaire dans les rangs ennemis engagé sur ordre des frères du djebel.

Discret, tel qu'il était, nous n'apprimes que tardivement cette histoire et nous faisons appel à témoin pour de plus amples détails, car ce Moudjahid natif de mai 1927 n'est plus de cemonde depuis 19.., son épouse Zohra l'a rejoint en 2005, mais nous ne perdrons point espoir de retrouver les traces des actes héroïque de celui qui, un jour émigra vers la France pour gagner sa croûte et pourtant... il l'a fait sortir de chez nous. Allah yerhamou.

 

Le blé trop vert croît et grandit

Et dans le ciel chante l'alouette,

En robe de rouge organdi,

Sans me lasser, je me tiens prête.

 

Le blé jaune est mûr à présent,

En gerbes, il faut le moissonner;

Pour chasser les oiseaux des champs,

J'entends un jeune enfant crier.

 

Maintenant, la moisson est faite,

Le champ de blé est nu et vide;

Mais, moi je me tiens toujours prête,

Dans ma robe rouge splendide.

 

Cicely Mary Barker

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