VISITE CHEZ HIBA !

 

Hiba هيبة

Pour quatre dirhams, vous sirotez un jus d'orange pressé sur place aussi bien au niveau des marchés que sur les terrasses des cafés et restaurants. Les Marocains en ont pris l'habitude et l'orange n'est plus ce fruit exotique d'antan. Hiba, Hibouba pour les intimes, pas plus haute que trois pommes en raffole et susurre même ce fruit sucré au goût acidulé, plongée dans ses pensées. Elle pense et réfléchit, dois-je dire, à ce qui a fait qu'elle soit arrivée en ce bas monde où tout est étrange.

Tiens, par exemple, comment se fait-il que qu'une tante éloignée soit née en Algérie et les siens au Maroc ? Ben, ma chère Hibouba, nous sommes des Idrissides tout comme toi, descendants de Fatima, la fille du prophète Mohamed que la paix et le salut soient sur lui. C'est que l'ancêtre des miens, Sidi Harrat Benaïssa Alidrissi est venu de Fès en 1450 et a élu domicile à Zemmora dans l'ouest algérien. Un autre idrisside a rejoint cette ville en 1921 après des études à la Mecque au Hedjaz et s'y est établi après qu'il ait été empêché par les troupes coloniales françaises de rejoindre les siens à Sidi Abdellah Oussaïd dans l'Atlas dans les environs de Taroudant. Il s'appelait Mennani Hadj Ali et a pris le nom de Soussi.

L'Algérie et le Maroc sont libres et indépendants aujourd'hui. Rien n'empêche les citoyens des deux côtés des frontières d'aller butiner là où bon leur semble comme je le fais souvent. Les braves Chorfa accueillent à bras ouverts les leurs d'où qu'ils viennent. Chez Hibouba, je me sens chez moi.

Avec la petite, à travers son innocence, j'ai appris que les humains perdent beaucoup de temps et d'énergie pur s'éloigner les uns des autres alors que Hiba colle à moi comme à son papa et me fait dire : "Ah, je pouvais redevenir enfant et le rester à jamais !".

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